La naissance et les besoins du nouveau-né

La naissance – le processus d’accouchement et la vie extra utérine – est traumatique pour le bébé. Le bébé a alors besoin de temps, de calme, d’un environnement secure avec maman et papa, et de pratiques maternantes respectueuses de ses besoins physiologiques et psycho-affectifs pour s’adapter en douceur à sa nouvelle vie.

Je partage un article de « Parole de mamans » sur justement ce processus « L’accouchement du point de vue des bébés »  avec le Dr Leyronnas, pédiatre à la maternité d’Antony (92).

Je le copie/colle en entier, car il me semble primordial de le partager et qu’il soit lu. Trop souvent, les besoins et ressentis du bébé sont ignorés et une souffrance imposée à ce nouveau-né !!

 

La naissance intrigue, elle fascine. Mais avez-vous déjà essayé d’imaginer ce que peut ressentir un nourrisson qui s’apprête à pousser son premier cri. C’est-ce que nous vous proposons de découvrir.

 

Avec le Dr Leyronnas, pédiatre à la maternité d’Antony (92)

Une épreuve bouleversante

Des centaines d’ouvrages traitent de la maternité, de la grossesse et de la naissance d’un bébé. Tout pour aider les parents à vivre cet heureux événement dans la sérénité. Mais peu d’entre eux se penchent réellement sur la manière dont  les nourrissons  perçoivent  leurs  premiers  instants  de  vie.  Et c’est cette immersion de l’enfant dans notre monde que nous a aidée à comprendre le Dr Leyronnas, pédiatre, toujours prêt à nous « répéter ce que les bébés lui ont raconté ».

Véritable déchirement pour le nouveau-né, son apparition sur la terre ferme est une « épreuve ». « L’aventure de la naissance est millimétrique et inconfortable pour l’enfant. » explique notre interlocuteur. Comme violemment arraché à cette sorte de paradis que représentait le nid douillet du ventre de sa mère, il doit faire face à un nouvel environnement  auquel  il  devra  s’acclimater rapidement.

« Loin   de   l’agréable   chaleur,  de l’absence de bruits perturbants  et  de  l’espace  confiné  et  rassurant  de  l’utérus  de  sa  maman,  le  nourrisson  est  déboussolé  et  perd  ses moyens. Tout se bouscule, c’est un dépaysement total pour ce petit être qui entre dans une nouvelle ère… »

Un choc émotionnel spatio-temporel

Lors  de  l’accouchement,  le  bébé  est  confronté  à  de  nombreuses  difficultés.

« La  variation  de  la  température,  la lumière,  la  pesanteur,  le  bruit …  A  sa  naissance,  cest  tout  un  ensemble  de  sensations  nouvelles  qui  lui  tombent dessus  en  même  temps.  Il  doit  aussitôt  apprendre  à  s’adapter  à  une  existence  extra-utérine  et  cela  demande beaucoup  de  travail.
Ce sont  des  épreuves  successives,  il  s’habitue à  un  monde  très  différent  et  découvre  simultanément un nombre de sensations quil ne connaissait pas » ajoute le Dr Leyronnas.

Tout cela se fait pratiquement sans aucune transition, c’est un bouleversement  que seules  les contractions permettent  d’anticiper  un  peu.  Pour  le nouveau-né,  le commencement  du  travail  est  un  signal  d’avertissement  utile, mais qui ne parvient  pas  à  atténuer son sentiment d’agression. « C’est un grand saisissement pour lui, il se passe tellement de choses en si peu de temps.

La naissance est vécue comme un traumatisme violent

Pendant l’accouchement, il semblerait d’après les nombreux travaux réalisés sur cette thématique, que les bébés se mettent dans un état de repli, comparable au sommeil. Tout au long du travail, il est fortement sollicité et se met en régime économique, sorte de stand-by pour s’économiser. Cest sa manière de mieux supporter l’épreuve dont il ne connaît pas la durée, il se met en quelque sorte aux abris », précise le pédiatre.
Pendant  les  contractions,  le  bébé  sécrète  beaucoup  d’adrénaline  et  de  cortisol. Ce  sont  deux hormones  qui  s’activent en réponse au stress généré. « Ces substances déclenchent la résorption du liquide pulmonaire par le bébé. Cest ce qui va  lui  permettre  de  respirer  plus  facilement. » C’est  le déclic,  avant  il  n’avait pas besoin  de  remplir  ses poumons d’air par lui-même, il découvre de nouvelles facultés qui le perturbent. Le processus automatique s’active et offre au bébé  une autonomie  fonctionnelle  biologique  indispensable à  sa  survie.

Les  différents organes du nouveau-né s’actionnent à des rythmes différents

« L’adaptation cardio pulmonaire respiratoire est immédiate, elle sactionne dès les premières minutes. La thermorégulation quant à elle est établie dès 24 à 48 heures. La fonction rénale  (production  d’urine  mais  également contrôle  de  sa  composition  et  de celle  de  l’excrétion) se  déclenche  dès  les premiers  jours.  Enfin, pour  ce  qui concerne son  système  digestif,  le  bébé  s’alimente  mieux  à  partir  du  3ème  jour environ » affirme l’expert.

Ses sens s’éveillent instinctivement

Tout un programme à faire fonctionner et il n’y a pas une minute à perdre pour le corps du bébé qui, instinctivement s’adonne à sa tâche. Les sens s’émoustillent  Un nourrisson  qui  vient  de  naître  dispose  instantanément  de  ses  sens,  qui sont plus  ou  moins  développés.

« La sensorialité est prête chez lenfant bien avant même qu’il naisse. En premier lieu, le nourrisson se sert davantage du toucher et de lodorat. Ce sont les deux sens qui lui seront indispensables . Il est  capable de  reconnaître sa  maman  rien quà  l’odeur  qu’elle dégage . »

L’importance de stimuler le sens du toucher chez l’enfant est conséquente. Depuis qu’il est  né,  le  nourrisson  recherche  le  contact  avec  sa  maman,  il  a  besoin d’être câliné, blotti  et protégé dans des bras accueillants. Cela lui procure un apaisement maximal. Le très jeune enfant a besoin d’être couvert en permanence et supporte mal les chocs de température.  Un  facteur  compréhensible  sachant  qu’il était  peu  habitué  à  cela  lorsqu’il était  confiné  dans  le  ventre maternel.

La vue est efficace dès les premières minutes de vie, même si c’est un sens débutant. Il distingue mal les couleurs et est vite perturbé par une importante luminosité. Mais dès le premier câlin, il est capable d’identifier sa maman et son visage car la distance du sein ou des bras est précisément celle où il voit bien.

Le nourrisson a besoin d’être dans un environnement sécure

Le comportement des parents post-accouchement est crucial pour que le nouveau-né puisse s’adapter à son nouvel environnement, à l’espace infini, aux éléments perturbateurs variables et où il n’a pas encore trouvé ses marques. La manière dont une famille réagit avec son enfant lui permettra de mieux s’accoutumer de cette ambiance novatrice pour lui. « Une maman anxieuse partagera son inquiétude avec son enfant. Les nourrissons ressentent le sentiment d’angoisse parentale  et  notamment  maternelle.  Ils  connaissent  leur  mère  bien  avant  leur naissance  et  ne  sont  pas surpris  de  ses  différentes  émotions.  Apporter  de  la  présence  à  son  bébé,  le  consoler  quand  il  sursaute  ou  encore  le prendre dans ses bras lorsquil pleure sont autant de moyens pour lui permettre de combattre ses peurs » indique le pédiatre. Le but étant de ne pas nourrir l’angoisse infantile et au contraire de l’aider à s’en décharger.

L’accouchement  est  un  périple  important  qui  aura  des  répercussions sur l’enfant devenu  adulte. « Rester un fœtus est le rêve de tous les nourrissons, conclut le Dr Leyronnas avant d’ajouter, il y a aussi dans notre vie d’adulte des moments régressifs où il devient agréable de maintenir la position du fœtus pour s’endormir par exemple. »

 

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