La violence psychologique

Menaces, chantages, dénigrement… Bien souvent, on pense que nous avons régler nos blessures d’enfance (ou alors nous pensons ne pas en avoir). Puis, nous devenons parent, et alors nos blessures remontent. Nous avons alors tendance à reproduire ce que nous avons subit, tellement ces comportements, ces paroles nous ont conditionné et sont ancrés en nous. Ils ressortent et s’expriment tels des automatismes, si nous n’y prêtons pas garde.

 

Il est tout à fait possible de guérir !! Déjà en prenant conscience de notre violence (donc ne pas se mentir), puis en décidant réellement de ne pas la faire subir à nos enfants. Cela peut paraitre simpliste, mais rien que cela, et c’est quasiment tout le chemin de fait. Aussi, Jan Hunt parle du « truc », le « truc » sur l’enfant qui fait qu’on sait que l’enfant est un être humain à part entière et non une chose ou un sous être. Prendre conscience de sa condition humain et de toute sa vulnérabilité.

Je conseille la lecture de « La véritable nature de l’enfant, Choisir l’amour pour guide » de Jan Hunt

Traitons les gens comme nous aimons être traités. Les enfants sont des gens !

 

Nous avons tous au moins une petite phrase qui a marqué notre enfance… Sans s’en rendre compte, souvent sous le coup de la colère, de nombreux parents disent des mots qui blessent et qui peuvent laisser des traces indélébiles.

« Laisse tomber, tu n’y arriveras jamais. »
« Mais qu’est-ce que j’ai fait pour avoir un fils comme toi ! »
« Si j’avais su j’aurais pas eu d’enfant. »
« De toute façon, tu as toujours été plus lent que ton frère. »
« Tu ne devrais pas mettre ce T-shirt, il te fait des gros bras. »

Ce film, conçu et réalisé bénévolement par l’agence Publicis Conseil, sous le regard sensible de la réalisatrice Camille Fontaine de Carnibird, est le témoignage de cinq adultes qui, chacun avec son histoire, son vécu, son ressenti, nous livrent leur petite phrase, celle avec laquelle ils se sont construits et qui les a marqués à vie.

https://www.oveo.org/lancement-de-la-1ere-campagne-de-sensibilisation-sur-limpact-des-violences-verbales/

 

Dans son livre « Parents toxiques », Susan Forward consacre un chapitre complet aux violences verbales, une forme de violence qui laisse des blessures psychologiques pour la vie. L’auteur dénonce entres autres :

  • les mots cruels sur le physique de l’enfant, ses compétences ou ses capacités intellectuelles : « tu es moche » « tu es bête » « Tu ne sais rien faire »
  • les allusions à sa présence non souhaitée : « j’aurais aimé que tu n’ais jamais vu le jour… » « ils ont dû nous donner un autre bébé à la maternité… » « tu vas finir par me tuer »
  • les railleries, les sarcasmes, les surnoms insultants et les remarques dévalorisantes souvent proférés sous le masque de l’humour : « Ton nez est aussi gros qu’une montagne », « Tu étais absent lors de la distribution des cerveaux ? » « Tes tâches de rousseur ressemblent à d’horribles bestioles » « tu t’habilles comme un clown » « tu danses comme un hippopotame. C’est lamentable. »
  • les menaces proférées sous couvert de l’humour : « On va t’inscrire dans une école en Chine », « un jour, on en aura marre que tu ne dormes pas le soir et nous partirons de la maison. Tu resteras seul(e). » « On va te vendre. »
  • les comparaisons avilissantes : « tu es comme ton c**** de père. Un bon à rien qui m’a laissé tomber. »
  • l’exigence de perfection : « tu fais toujours tout de travers. Ce n’est jamais parfait », « ton copain, lui, a obtenu un 10/10 au moins » » tu n’as aucun droit à l’erreur, je te préviens ».

L’enfant qui entend ses mots (maux), les absorbent et en fait sa réalité. Il est persuadé que c’est vrai, il ne peut pas remettre en question ses parents. Comment un parent pourrait il faire du mal à son enfant et mentir sur ce qu’il est ? Ces violences psychologiques laissent de lourdes traces et ont de grandes conséquences sur la vie d’adulte, les relations sociales, amoureuses et parfois parentales puisque l’enfant devenu parent reproduit cette violence.